Nasreddin Hodja

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Nasreddine Hodja est un personnage très connu dans tout le monde oriental. On l'appelle Nasreddine, Nasr Eddin, Nasrudin en Turquie, Jeha, Joha, Jha, Djha, Djeha au Maghreb, Goha en Égypte, Cha en Chine, Appendi ou Effendi en Asi centrale, ... Il est également très proche du Hershele Ostropoller juif. Dans tous les cas, il s'agit à peu près du même personnage auquel on prête les mêmes aventures.

Nasreddine est un personnage probablement fictif qui aurait vécu, selon les histoires, entre le VIIIème et le XVème siècle. On le surnomme le « fou sage » car les histoires où il apparaît montrent un personnage oscillant entre la bêtise et la sagesse, n'hésitant pas à jouer avec les limites de la logique.

En tant que personnage folklorique, son statut est difficile à définir précisément. Il est parfois présenté comme un paysan pauvre, parfois comme un religieux, parfois comme un conseiller du tyran Timour Lang. Ses histoires, souvent très courtes, sont plutôt drôles au premier abord. Elles ont cependant souvent un sens plus profond, au-delà de l'absurdité apparente du sens premier.



Les Histoires de Nasreddin Hodja

  • Gratitudes
Nasreddin Hodja décide d’offrir à Tamerlan (chef des Huns) quelques figues de son jardin pour se concilier ses bonnes grâces. Le Hodja ignore à quel point le Tartare a ces fruits en horreur.

A peine Nasreddin les lui a-t-il donné que Tamerlan en prend une bien mûre et la lui lance au visage. – Allah est grand ! s’exclame Nasreddin sans broncher, quoiqu’il soit tout couvert du jus et de la chaire éclatée. Agacé Tamerlan en prend une autre et recommence. – Grâces te soient rendues, Allah ! Et Nasreddin a l’air aussi content que si on lui annonçait une livraison de halva (gourmandise à base de sésame). – Arrête, fils de chacal ! cria Tamerlan exaspéré. As-tu fini de rendre aussi stupidement grâce au ciel ? Tu ne vois pas dans quel état j’ai mis ta tête et ton turban ? – Je comprends ta surprise, ô mon maître, mais quand je pense que j’ai failli t’apporter des melons !"

  • La djellaba

Un jour la femme de Nasreddine entend un grand bruit dans l'escalier. Elle demande à son mari : « C'était quoi ce bruit ? — Rien, c'est ma djellaba qui vient de tomber dans l'escalier ! — Une djellaba qui fait tant de bruit ? Comment ça se fait ? — C'est que j'étais encore dedans... »

Le clou

En manque d'argent, Nasreddine décide de vendre sa maison. Il trouve un acheteur et lui demande s'il peut garder un clou qui est fixé au mur et auquel il dit être attaché. L'acheteur accepte.

Le lendemain, Nasreddine revient dans son ancienne maison et dit « Je dois accrocher ce vêtement à mon clou. » Le nouveau propriétaire accepte, surpris mais amusé.

Le surlendemain, Nasreddine revient et accroche à son clou une carcasse de mouton. Cette fois, le propriétaire proteste. Mais Nasreddine lui répond « c'est mon clou, j'y accroche ce que je veux ! » La carcasse reste là plusieurs jours. Ne supportant plus la puanteur, le propriétaire de la maison dit à Nasreddine : « Je n'en peux plus, il faut trouver une solution. — Eh bien, si tu veux, je peux te racheter la maison, mais je ne peux pas y mettre trop d'argent. » À bout de patience, le vendeur accepte et Nasreddine récupère sa maison pour la moitié du prix.

Qui veut aller au Paradis ?

Un jour que Nasreddine est à la mosquée, l'imam à la fin de son sermon demande : « Et maintenant, que ceux qui veulent aller en enfer se lèvent ! » Personne ne se lève. L'imam est satisfait.

Puis il demande : « Que ceux qui veulent aller au Paradis se lèvent ! » Tout le monde se lève, sauf Nasreddine. « Eh bien ! Nasreddine, demande l'imam, tu ne veux pas aller au Paradis avec les autres ? — Non, allez-y sans moi, je préfère rester ici ! »

Le manteau de Nasreddine

Un soir que Nasreddine revenait d'une journée de travail dans les champs avec des vêtements sales, il entend chanter : il y avait une fête dans les environs.

Or, la tradition veut que, quand il y a une fête, tout le monde peut y participer. Nasreddine pousse donc la porte de la maison et sent l'odeur du couscous de la cuisine. Mais ses vêtements sont tellement sales qu'on le chasse de la maison. Furieux, il court chez lui, décide de mettre son plus beau manteau et revient à la fête. Cette fois il est accueilli chaleureusement. Nasreddine se dirige alors vers le buffet, prend du couscous, de la sauce, du vin, et commene à les étaler sur son manteau, en disant : « Mange, mon manteau! Bois, mon manteau! »

Les autres lui demandent : « Mais... Qu'est-ce que tu fais Nasreddine ? Tu es devenu fou ? » Nasreddine se contente de répondre : « Pas du tout. Moi je ne suis pas invité. C'est mon manteau qui est invité. »

Le partage équitable

Quatre enfants viennent trouver Nasreddine et lui demandent : « Nous n'arrivons pas à partager des noix équitablement entre nous. Tu pourrais nous aider ? — Voulez-vous le partage de Dieu ou celui des hommes ? Leur demande Nasreddine. — Le partage de Dieu », répondent-ils sans hésiter.

Nasreddine ouvre alors le sac et donne deux poignées de noix à l'un des garçons, une poignée à un autre, deux noix au troisième et une seule noix au quatrième.

« Qu'est-ce que c'est que cette distribution ? s'écrient les enfants. — C'est la manière divine. Il donne beaucoup à certains, peu à quelques-uns, rien à d'autres. Si vous aviez choisi la manière des hommes, j'aurais fait un partage équitable. »

L'oiseau de Nasreddine

Un jour qu'il est au marché, Nasreddine voit un marchand vendre un coq pour 5 akçe et un perroquet pour 50 akçe. Il demande alors au vendeur : « Pourquoi celui-ci est-il si cher ? » Le vendeur lui répond : « Ah, mais c'est un perroquet. Il parle. »

Le lendemain, Nasreddine retourne au marché avec un dindon et commence à crier : « Cet oiseau est à vendre ! 200 akçe seulement ! » Les passants sont effarés : « 200 akçe ! Mais c'est hors de prix ! — Comment ça hors de prix ? Mais lui, là-bas, vend le sien 50 akçe ! — Oui, mais le sien, c'est un perroquet, il parle ! — Eh bien, le mien, il pense ! »

La famille de Nasreddine

À l'époque où Nasreddine était enfant, un passant lui a un jour demandé : « Comment t-appelles-tu ? — Nasreddine. — Et ton grand frère, comment s'appelle-t-il ? — Nasreddine. — Et ton père, il s'appelle comment ? — Nasreddine. — Et ton oncle ? — Nasreddine. — Mais, dans ta famille, vous vous appelez tous Nasreddine ? — Non : mon cousin Farid, il s'appelle Mohammed. »

Les dattes véreuses

Un soir, alors qu'il commence à faire nuit et qu'il rentre chez lui, Nasreddine décide de manger quelques dattes qu'il a achetées au marché. Il en mange une, deux, trois, une dizaine, elles sont délicieuses. Une fois arrivé chez lui, il allume une bougie et décide de continuer à manger. Il ouvre alors une datte, mais il y a un ver dedans : il la jette. Il en ouvre une deuxième, elle est véreuse aussi : il la jette. Il en ouvre une troisième, une quatrième, elles sont véreuses : il les jette. Alors, il éteint la lumière, reprend une nouvelle datte et recommence à manger dans le noir.



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http://www.fabiendelorme.fr/textes/nasreddine.html

http://malledecontes.forumactif.org/t135-nasreddin-hodja-merci

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